Zen and the Art of the pitch – Garr Reynolds à Paris – 25 juin 2010

Retour sur une conférence passionnante, in english, organisée à l’initiative d’une jeune société, Ideas on Stage.

Consacrée à la présentation et à l’art de délivrer un message impactant (traduction tout à fait libre de « the art of the pitch », cette conférence réunissait quelques orateurs talentueux au nombre desquels Garr Reynolds, auquel j’ai précédemment référence dans un post sur la conception d’une présentation.

Articulée autour du concept d’un match de foot 😉 la premiere partie de la conférence fut séquencée autour de 3 interventions.

Phil Waknell, co-créateur de Ideas on Stage, insista sur l’art du pitch.

Autour d’une analogie d’actualité puisqu’articulée sur le foot, il insista sur quelques idées clés :

  • bien connaitre son opposant (bien que dans le domaine du « business », il s’agit de trouver des points communs plus que des axes d’opposition),
  • parfaitement maitriser son sujet pour le délivrer au mieux et avec passion,
  • respecter une structure permettant d’accompagner le cheminement de l’auditoire dans sa manière se s’approprier le sujet présenté.

Cette structure se résume comme suit :

  • introduction et identification de la problématique présentée,
  • présenter les options existantes pour résoudre la problématique en commençant par une mauvaise et en finissant sur une bonne option, aidant l’auditoire à mieux appréhender la caractère pertinent de cette dernière,
  • identifier les obstacles à surmonter,
  • finir en détaillant un véritable plan axé sur le succès.

Retour d’expérience avec Laurence Onfroy

Laurence Onfroy, créatrice du site www.Temptingplaces.com, succéda à Phil, pour illustrer en pratique, le succès de son « pitching » autour de 3 idées :

  • Personnaliser et adapter son discours à son auditoire pour en optimiser l’impact,
  • Etablir un contact avec son auditoire de façon à ce qu’il s’approprie le message, s’y intéresse et pose des questions,
  • Enfin, vendre du rève, ce qui dans le cas de Laurence, est la base même de son activité.

Parmi les autres conseils de Laurence, j’en retiendrais 3: maitriser son temps d’intervention, assurer un véritable suivi avec ses interlocuteurs et créer de l’émotion.

Death by Twitter avec Pierre Morsa

Prenant le relais de Laurence, Pierre Morsa, autre co-fondateur de Ideas on Stage, insista quand à lui sur les effets des réseaux sociaux et de Twitter en particulier sous une accroche forte : Death by Twitter.

L’occasion de constater que dans le cas de l’auditoire de cette conférence, plus de 80% des participants étaient dotés de comptes Twitter! Pourcentage non représentatif de la population française mais révélateur d’une tendance de fond à ne pas négliger…

A croiser d’ailleurs avec le ration de 1 internautes sur 5 doté d’un compte Facebook (info glanée lors de l’AG de l’EBG il y a une semaine).

L’intervention de Pierre fut l’occasion d’identifier les différentes manières de contrôler les réseaux sociaux. Pour conclure sur le côté vain de cette tentative de contrôle impossible à envisager plutôt sous l’angle de la recherche d’une interaction avec les réseaux sociaux.

Cette interaction passant par l’approche suivante :

  • raconter des histoires vraies, toute fausse info étant rapidement identifiée,
  • s’appuyer sur des relais et internautes favorables en capitalisant sur la dynamique du réseau social,
  • être réactif car laisser des commentaires, questions ou remarques sans réponses peut avoir un effet dévastateur.

Last, but not least, Garr « Yoda » Reynolds, himself…

De passage en France, Garr, auteur du blog www.presentationzen.com est venu – magistralement – clore cette conférence autour du principe du « naked presenter » ou comment présenter un sujet efficacement avec ou sans slides (pardon, supports).

Ou comment en quelques secondes s’emparer de l’attention de son audience et ne pas la relacher avant la fin de son intervention.

Au menu de cet excellent « bento » japonais (réference que Garr fait dans son ouvrage Zen Presentation à un menu japonais), trois ingrédients :

  • Restreint ou la nécessité, exercice difficile, de toujours rechercher le message le plus synthétique. Parce qu’il est facile pour tous de trop en dire mais autrement plus difficile de ne conserver que l’utile,
  • Simplicity pour compléter le point précédent en recherchant la simplicité pour plus d’efficacité,
  • Naturalness car être soit même dans la manière de délivrer un message lui garanti un impact plus fort.

Le tout fut saupoudré de quelques conseils épicés sur l’animation, parmi lesquels,

  • le fait de ne pas lire ses slides, ce qui vous coupe de votre auditoire. Ce qui naturellement amène le second conseil,
  • connaitre son sujet par coeur ce qui requiert de multiples répétitions, et enfin,
  • d’être passionné, de véhiculer de l’émotion dans son discours, ce qui de fait le rendra plus attrayant.

Suivirent quelques remarques sur la conception même des slides.

  • Lesson #1 : l’outil n’est pas tout. Le message est la clé.
  • Lesson #2 : toujours débuter la conception d’une présentation avec un papier et un crayon, voir mieux, des post-it (voir mon post …).
  • Lesson #3 : travailler son empathie ou savoir se mettre dans la peau de son auditoire pour imaginer ce qu’il perçoit, ce qu’il entend, ce qu’il recherche ou attend.

Un point d’attention particulier concerna la conception des slides et l’enrichissement qu’apportent des visuels.

Parmi les remarques à retenir, j’en retiendrai 2

  • le fait de construire des slides avec des visuels positionnés de manière asymétrique et jouant sur l’axe de lecture naturel du slide (focus point)
  • la nécessité de choisir avec attention les visuels, leur mise en forme et leur intégration

Je me permet pour illustrer ce point de reprendre deux visuels utilisés par Garr sur son propre blog www.presentationzen.com, démontrant la différence d’impact entre un visuel placé centré avec le texte au dessus en petit, par opposition à la construction du slide avec le visuel en grand, le texte étant repris en plus gros, avec des tailles de police différentes.

mise en forme classique et peu efficace …

mise en forme beaucoup plus efficace du même message

La lisibilité en est largement décuplée.

Avant de conclure, Garr, délivra ce qui représente les 6P de la présentation :

  • Presence : 1 seule chance se présente de délivrer un message à l’audience, alors autant tout faire pour qu’elle marque
  • Pace : faire varier le rythme pour ne pas endormir l’auditoire
  • Passion : exprimer sa passion pour le sujet en étant dynamique sur scène (sans forcément tomber dans les exces tels que ceux d’un Steve Ballmer – voir ci-dessous…)
  • Proximity : se positionner de manière à être proche de ses slides, donc dans le même axe que les visuels et faire en sorte de ne pas être trop loin de l’auditoire
  • Play : ajouter la petite note de « fun » pour rendre l’intervention plus impactante encore
  • Participation : interagir avec l’auditoire

Concernant la passion, un petit rappel du type de délire dont est capable ledit Steve Ballmer lorsqu’il est sur scène…

Au final, l’ultime recommandation fut de préconiser à tout animateur de totalement s’imprégner de son sujet, d’être le sujet pour mieux encore le délivrer.

Impossible de conclure ce compte rendu sans évoquer les échanges avec la salle, nombreux et variés pour maintenir l’interaction maximale : présentation rapide à son voisin en 70 sec, exercice de réalisation d’un portrait pour encore échanger, position debout pour toute la salle, etc.

Au final, une conférence vraiment enrichissante permettant de compléter efficacement la lecture des deux ouvrages (et bientôt trois) de Garr, et d’identifier des axes d’amélioration dans la perspective d’une intervention en public.

Un grand merci à Ideas on Stage qui en 10 jours de communication via les réseaux sociaux, sans dépenser un euro, a rempli la salle de la Comédie Saint Michel.

A titre personnel, je vais ré-analyser la conférence sur les outils pour affiner encore tout à la fois les supports, mon discours et mon mode d’intervention pour aboutir à un message plus efficace encore. J’essaierai de me faire filmer pour identifier tous les points d’amélioration à envisager.

One more thing, comme dirait un autre grand présentateur, si vous voulez visualiser Garr lors d’une présentation, voici un lien vers une intervention qu’il a réalisé chez Google le 21 mars 2008. Enjoy ! And learn young padawan!

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3 commentaires pour Zen and the Art of the pitch – Garr Reynolds à Paris – 25 juin 2010

  1. Ping : zen & the art of the pitch : | Pierre Morsa

  2. Ping : Zen & the art of the pitch : compte-rendu | Ideas on Stage

  3. Johnb516 dit :

    whoah this blog is excellent i really like reading your articles. Stay up the good work! You already know, many persons are looking around for this info, you could help them greatly. kebbkadkeegc

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